Sécurité sociale 2015
Sécurité sociale : loi de financement 2015
Le texte instaure une contribution progressive sur les chiffre d'affaires des laboratoires d'hépato-thérapies contre l'hépatite C, dont le taux augmente selon le montant des ventes, pour financer la Sécurité sociale et protéger l'ONDAM.
- •Instaurer une contribution sur les ventes de médicaments contre l'hépatite C
- •Appliquer des taux progressifs selon le chiffre d'affaires (50% à 70%)
- •Fixer un seuil W à 450 millions d'euros pour déclencher la contribution
- •Affecter les produits à la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés
- •Limiter la mesure aux années 2014-2016 avec une évaluation parlementaire en 2016
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La loi de financement de la sécurité sociale pour 2015 adopte plusieurs mesures prévoyant de équilibrer les comptes des régimes obligatoires, notamment par la création de nouvelles contributions sur les médicaments contre l'hépatite C et les médicaments innovants, ainsi que par la réorganisation des cotisations sur les revenus de remplacement. Le texte fixe également des seuils de taxation de la CSG et modifie les modalités de financement de la dette sociale et des retraites.
I. Contribution sur les médicaments destinés au traitement de l'hépatite C
L'article 3 instaure une contribution progressive sur les entreprises exploitant des médicaments contre l'hépatite C, dont le montant dépend du chiffre d'affaires réalisé. Cette contribution s'applique du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016.
Le mécanisme repose sur un seuil fixé à 450 millions d'euros (montant W). Le taux de contribution varie selon le niveau de chiffre d'affaires :
- 50 % pour la part comprise entre W et W + 10 %
- 60 % pour la part comprise entre W + 10 % et W + 20 %
- 70 % pour la part supérieure à W + 20 %
Seules les entreprises dont le chiffre d'affaires hors taxes dépasse le seuil de 10 % de la valeur de W sont concernées. La contribution est versée au plus tard le 1er avril suivant l'année civile concernée et fait l'objet d'une régularisation l'année suivante. Le produit est affecté à la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés.
II. Modification de la dotation à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux
L'article 4 réduit la dotation allouée à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM), passant de 138 millions d'euros à 118 millions d'euros pour l'exercice 2014. Cette réduction s'explique par un moindre niveau d'activité de l'office constaté en mi-année 2014, avec des dépenses prévues évaluées à 137,2 millions d'euros.
III. Rectification des prévisions pour l'exercice 2014
L'article 5 opère plusieurs rectifications aux comptes 2014 :
- Un solde déficitaire de 15,4 milliards d'euros pour le régime général et le FSV, soit une dégradation de 2,1 milliards par rapport aux prévisions précédentes
- Un objectif d'amortissement de la dette sociale fixé à 12,7 milliards d'euros par la Caisse d'amortissement de la dette sociale
- La mise en réserve de la section 1 du fonds de solidarité vieillesse pour financer le minimum vieillesse à 800 euros et une prime exceptionnelle de 40 euros aux retraités modestes (250 millions d'euros de dépenses supplémentaires)
- Un objectif national des dépenses d'assurance maladie de 178,3 milliards d'euros, avec des ajustements sur les sous-objectifs liés aux établissements de santé et au fonds d'intervention régional
IV. Rationalisation des prélèvements sur les revenus de remplacement
L'article 7 modifie substantiellement le système de cotisation sociale sur les revenus de remplacement (chômage, invalidité, retraite). Les dispositions clés incluent :
Rattachement des cotisations au versement : Les cotisations et contributions sociales dues sur les avantages de retraite, d'invalidité, les indemnités journalières, les allocations de chômage et de préretraite sont désormais précomptées au moment du versement par l'organisme débiteur, remplaçant l'ancien système.
Nouvelle section dédiée : Création d'une section 1 du chapitre I er du titre III du livre I er intitulée "Cotisations et contributions sur les revenus de remplacement", regroupant désormais ces prélèvements qui étaient précédemment dispersés.
Tranches progressives de CSG : La CSG sur les revenus de remplacement fait l'objet de deux taux :
- 3,8 % pour les bénéficiaires dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 13 900 euros
- 6,2 % pour ceux dont le revenu dépasse ce seuil
Seuil unique : Le revenu fiscal de référence remplace progressivement les anciens seuils complexes liés à la taxe d'habitation et à la cotisation d'impôt sur le revenu, simplifiant ainsi l'assujettissement aux différents taux.
Arrondis : Le montant des cotisations et contributions est arrondi à l'euro le plus proche, la fraction de 0,50 étant comptée pour 1.
V. Contribution sur les entreprises exploitant certains médicaments
L'article 9 instaure une contribution variable selon la progression du chiffre d'affaires des laboratoires pharmaceutiques, prévoyant de financer l'objectif national des dépenses d'assurance maladie.
Le mécanisme fonctionne par paliers basés sur un taux d'accroissement T :
- 50 % pour la part comprise entre T et T + 0,5 point
- 60 % pour la part comprise entre T + 0,5 point et T + 1 point
- 70 % pour la part supérieure à T + 1 point
Seules les entreprises dont la progression dépasse le seuil T sont concernées. La contribution est limitée à 10 % du chiffre d'affaires hors taxes. Les entreprises créées depuis moins d'un an sont exonérées de la part variable, sauf en cas de scission ou fusion.
Conclusion
Cette loi de financement 2015 du secteur de la sécurité sociale s'articule autour de trois axes principaux : la création de nouvelles contributions sur les secteurs à forte croissance (médicaments contre l'hépatite C et médicaments innovants), la rectification des comptes 2014 avec des déficits en hausse, et une refonte majeure du système de cotisation sur les revenus de remplacement prévoyant de simplifier l'assujettissement via le revenu fiscal de référence. Ces mesures cherchent à garantir la soutenabilité financière du système tout en adaptant la fiscalité aux réalités des bénéficiaires.
Alliance rare : Gauche démocrate et républicaine (GDR) et Union pour un Mouvement Populaire (UMP) ont voté contre ensemble, ce qui n'arrive que dans 29 % des votes.