Orientation des mobilités (LOM)
Orientation des mobilités (LOM)
Le texte renforce les pouvoirs des régions et des intercommunalités sur l'organisation des mobilités, en imposant des critères d'accessibilité territoriale et en élargissant les compétences des autorités organisatrices.
- •Inscription dans le code des transports d'une obligation d'accessibilité territoriale : aucune partie du territoire métropolitain ne doit être située à plus de 50 km ou 45 min de voiture d'une unité urbaine de 1 500 à 5 000 emplois, d'une autoroute ou d'une route rapide, ni à plus de 60 min d'une gare TGV
- •Renforcement du rôle des régions comme autorités organisatrices de la mobilité régionale, avec transfert de compétences aux intercommunalités non encore dotées de cette compétence
- •Extension des compétences des autorités organisatrices (métropoles, intercommunalités) pour inclure les services de mobilité active, les usages partagés de véhicules et le transport de marchandises urbain
- •Obligation pour les autorités organisatrices de prendre en compte la pluralité des besoins territoriaux et la diversité des territoires pour proposer des réponses adaptées, durables et équitables
- •Modification de l'intitulé du code des transports : remplacement de « transport » par « mobilité » dans plusieurs dispositions, et mise en place d'un nouvel article L. 1221-1 A sur la politique d'État et des collectivités
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Redéploiement des compétences organisatrices
La loi opère un transfert progressif des compétences d'organisation de la mobilité des communes vers les communautés de communes, puis vers les régions. À compter du 1er juillet 2021, la région devient d'autorité organisatrice de droit sur l'ensemble du territoire, sauf pour les services déjà organisés par les communes qui peuvent continuer. Les communes peuvent toutefois demander le transfert de cette compétence à la région, ce qui devient de droit si la délibération a lieu avant le 31 mars 2021. Passé cette date, le conseil régional dispose d'un délai de trois mois pour se prononcer. La loi prévoit également des mécanismes de retour de compétence, permettant aux communautés de communes ou communes de demander à la région le transfert de la compétence en cas de fusion ou de création d'un syndicat mixte.
Organisation des services de mobilité
La loi précise les compétences des différentes autorités organisatrices. Les autorités organisatrices de mobilité (communautés d'agglomération, communautés urbaines, métropoles, région) sont compétentes pour organiser les services réguliers, à la demande et scolaire, les mobilités actives, ainsi que les usages partagés de véhicules. La région Île-de-France, via Île-de-France Mobilités, conserve des attributions spécifiques, notamment l'organisation de services fluviaux et la délivrance de labels pour l'auto-partage. La région assure également la planification, le suivi et l'évaluation de sa politique de mobilité, avec une nouvelle obligation de contribuer aux objectifs de lutte contre le changement climatique et la pollution de l'air.
Intermodalité et coordination
Un nouveau chapitre dédié aux modalités de l'action commune des autorités organisatrices de la mobilité est créé. La région a un rôle de « chef de file » pour organiser la coopération entre les différentes autorités, notamment en matière d'intermodalité, de desserte, d'horaires, de tarification et d'information du public. Elle définit et délimite des bassins de mobilité couvrant l'ensemble du territoire régional. Pour chaque bassin, la région conclut un contrat opérationnel de mobilité avec les autorités organisatrices concernées, définissant les modalités d'action commune, les résultats attendus et les indicateurs de suivi. Un comité des partenaires, associant employeurs et associations d'usagers, doit être consulté sur les évolutions substantielles de l'offre de mobilité, la politique tarifaire et la qualité des services.
Financement de la mobilité
La loi instaure un « versement destiné au financement des services de mobilité », remplacé par cette nouvelle dénomination dans de nombreux textes. Ce versement est instauré par délibération des collectivités organisatrices de la mobilité. Les employeurs ayant conclu un accord de télétravail sont exonérés du versement pour les employés concernés, à due concurrence du volume horaire effectué à distance. La perte de recettes résultant de cette exonération est compensée par une majoration de la dotation globale de fonctionnement. De plus, une fraction du produit de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques est attribuée aux communautés de communes organisant des services de mobilité et ayant instauré ce versement, sous conditions de rendement.
Gouvernance et établissements publics
La loi prévoit la création d'un établissement public local à Lyon, associant la métropole de Lyon, la région Auvergne-Rhône-Alpes et diverses communautés de communes, chargé de l'organisation des services de transport et de la liaison express vers l'aéroport Saint-Exupéry. Cet établissement remplace le syndicat mixte des transports pour le Rhône et l'agglomération lyonnaise. Une gouvernance spécifique est définie, attribuant à la métropole de Lyon la majorité des sièges et la présidence de l'organe délibérant.
Schémas régionaux et désenclavement
Les schémas régionaux d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires doivent désormais prendre en compte l'objectif de désenclavement mentionné dans le code des transports. Une clause de non-rétrocession assure que aucune partie du territoire métropolitain continental ne doit être située à plus de cinquante kilomètres ou quarante-cinq minutes d'une unité urbaine de 1 500 à 5 000 emplois, d'une autoroute ou d'une route rapide, ni à plus de soixante minutes d'une gare TGV.
Services spécifiques et exceptions
La loi prévoit des dispositions pour les services de transport public essentiellement exploités pour leur intérêt historique ou leur vocation touristique, qui doivent respecter des prescriptions générales d'exécution favorisant l'utilisation de véhicules à faibles émissions. Les opérateurs de transport doivent également prendre en compte les besoins socio-économiques des territoires lors de l'adaptation des infrastructures. Des dispositions spécifiques concernent le transport scolaire, avec une consultation obligatoire de l'autorité compétente en matière d'organisation des services de transport scolaire sur les projets de modification des temps scolaires.