Lutte contre les dérives sectaires
Projet de loi visant à renforcer la lutte contre les dérives sectaires
Le texte renforce les peines et prévoit la suspension des comptes en ligne des auteurs d'infractions commises via des services numériques dans le cadre de dérives sectaires.
- •Durcissement des peines à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende pour les infractions commises via un service de communication en ligne ou un support numérique
- •Peine complémentaire de suspension des comptes d'accès aux services en ligne (réseaux sociaux, plateformes de partage de vidéo) utilisée pour commettre l'infraction, durée maximale de 6 mois (1 an en cas de récidive légale)
- •Obligation pour les fournisseurs de services de bloquer les comptes suspendus et d'empêcher leur recréation, sous astreinte de 75 000 euros en cas de non-respect
- •Mise en place d'une procédure d'information des ordres professionnels de santé en cas de condamnation ou de contrôle judiciaire pour ces infractions
- •Création d'un droit pour le ministère public ou la juridiction de solliciter des éléments à des services de l'État pour éclairer les poursuites sur le fondement de l'article 223-15-2 du code pénal
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Le projet de loi prévoit de renforcer les mesures répressives et préventives contre les dérives sectaires, en particulier par l'utilisation des services de communication en ligne. Il modifie plusieurs codes (santé publique, consommation, procédure pénale) et la procédure pénale pour sanctionner plus fortement les infractions commises via le numérique et faciliter l'information des professionnels de santé.
Renforcement des peines pour les infractions commises en ligne
Le texte augmente les sanctions pénales lorsque les infractions sont commises via un service de communication au public en ligne ou un support numérique. Pour les infractions relevant du code de la santé publique, de la consommation et d'autres textes, la peine d'emprisonnement est portée à cinq ans et l'amende à 75 000 euros (ou 750 000 euros pour certaines infractions de consommation). Ces mesures s'appliquent quel que soit le moyen utilisé, même si le service en ligne n'a pas été le moyen unique ou principal de la commission des faits.
Peines complémentaires de suspension des comptes en ligne
Une nouvelle peine complémentaire prévoit la suspension des comptes d'accès aux services en ligne utilisés pour commettre l'infraction. Cette suspension, d'une durée maximale de six mois, peut être portée à un an en cas de récidive légale. Elle concerne les comptes d'accès aux services de plateforme en ligne, aux réseaux sociaux et aux services de partage de vidéo. Les fournisseurs de services doivent bloquer les comptes concernés et, sous conditions, les autres comptes de la personne condamnée. Le non-respect de cette obligation par le fournisseur est sanctionné par une amende de 75 000 euros. Une procédure spécifique permet à la personne condamnée de demander le relèvement de la peine après trois mois.
Information des ordres professionnels
Le texte crée une obligation pour le ministère public d'informer sans délai les ordres professionnels nationaux (relevant de la santé) en cas de condamnation, même non définitive, pour les infractions définies à l'article 2-17 du code de procédure pénale. Cette information prévoit de permettre l'application des dispositions II à V de l'article 11-2, notamment en cas de contrôle judiciaire incluant des obligations spécifiques.
Information judiciaire sur les dérives sectaires
Une nouvelle disposition permet au ministère public ou à la juridiction de solliciter par écrit les services de l'État compétents (liste établie par arrêté) afin d'éclairer les poursuites relatives à l'article 223-15-2 du code pénal (lié aux dérives sectaires). Le service sollicité ne doit pas porter d'appréciation sur les faits, mais fournit des éléments soumis au débat contradictoire.